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La France est le deuxième contributeur net après l'Allemagne, pour environ 0,3 % de son revenu national brut. Le solde net finance la PAC (dont la France reste l'un des principaux bénéficiaires), les fonds de cohésion vers les régions moins développées, la recherche, et le remboursement du plan de relance.
Voici le cumul sur les sept années du cadre 2014-2020, la seule période pour laquelle des données consolidées par pays sont publiées.
| Cumul 2014-2020, Md€ | Contributions | Retours | Solde net | Moyenne annuelle |
|---|---|---|---|---|
| Allemagne | 197,5 | 80,3 | −117,2 | −16,7 |
| France | 152,0 | 98,7 | −53,3 | −7,6 |
| Italie | 114,3 | 78,0 | −36,3 | −5,2 |
| Pays-Bas | 51,5 | 16,8 | −34,7 | −5,0 |
| Suède | 26,6 | 12,1 | −14,5 | −2,1 |
| Autriche | 22,0 | 13,1 | −8,9 | −1,3 |
| Royaume-Uni | 119,1 | 48,9 | −70,2 | −10,0 |
| Espagne | 78,4 | 82,8 | +4,5 | +0,6 |
| Belgique * | 40,5 | 55,0 | +14,5 | +2,1 |
| Portugal | 12,7 | 29,6 | +16,9 | +2,4 |
| Tchéquie | 12,6 | 35,0 | +22,4 | +3,2 |
| Roumanie | 11,8 | 41,6 | +29,7 | +4,2 |
| Grèce | 11,7 | 41,8 | +30,1 | +4,3 |
| Hongrie | 8,2 | 39,5 | +31,3 | +4,5 |
| Pologne | 31,6 | 104,2 | +72,5 | +10,4 |
* La Belgique et le Luxembourg apparaissent comme bénéficiaires nets pour une raison purement comptable : les dépenses administratives des institutions européennes, physiquement localisées à Bruxelles et Luxembourg, leur sont imputées. Le solde belge de +14,5 Md€ ne mesure aucun transfert économique réel.
L'effet Rotterdam gonfle la contribution néerlandaise et belge : les droits de douane sont attribués au pays où la marchandise entre dans l'Union, pas à celui qui la consomme.
| Retours pré-alloués, Md€ | Cohésion | PAC (1ᵉʳ pilier) | Plan de relance | Total |
|---|---|---|---|---|
| Espagne | 35,4 | 37,4 | 77,2 | 150,0 |
| Italie | 42,1 | 27,9 | 69,0 | 139,1 |
| Pologne | 75,0 | 21,7 | 22,5 | 119,2 |
| France | 16,8 | 54,8 | 37,5 | 109,1 |
| Allemagne | 18,4 | 34,7 | 28,0 | 81,2 |
| Roumanie | 30,3 | 14,0 | 12,1 | 56,4 |
| Grèce | 21,4 | 15,0 | 17,4 | 53,8 |
| Portugal | 23,6 | 5,5 | 15,5 | 44,6 |
Basculement majeur : le plan de relance, financé par emprunt commun et non par les contributions nationales, redistribue 338 Md€ selon une clé fondée sur l'impact de la pandémie. L'Espagne et l'Italie deviennent les premiers bénéficiaires en volume, position qu'elles n'occupaient pas en 2014-2020. La France, elle, reste avant tout un bénéficiaire agricole : la PAC représente à elle seule la moitié de ses retours.
Commission européenne, EU spending and revenue 2014-2020 et notes de pré-allocation 2021-2027.
| Contribution française au budget de l'UE | Md€ |
|---|---|
| 2017 | 16,4 |
| 2019 | 21,0 |
| 2021 | 26,4 |
| 2023 | 23,9 |
| 2025 | 23,3 |
| 2026 (projeté) | 30,4 — +30 % en un an |
| 2027 (projeté) | 32,4 |
| Moyenne annuelle sur le cadre 2014-2020 | 20,1 |
| Moyenne annuelle sur le cadre 2021-2027 | 26,2 — +30 % |
La France est le deuxième contributeur net de l'Union, derrière l'Allemagne : solde net de −9,3 Md€ en 2023, soit −0,33 % de son revenu national brut, contre −19,8 Md€ pour l'Allemagne, −6,3 Md€ pour les Pays-Bas et −6,0 Md€ pour l'Italie. Elle est simultanément le deuxième bénéficiaire en volume derrière la Pologne, avec 16,5 Md€ de dépenses européennes reçues en 2023, dont 9,5 Md€ — 58 % — au titre de la politique agricole.
Le passage d'un solde proche de l'équilibre à un déficit net de 8 à 10 Md€ par an est confirmé : −7 Md€ en 2018, −9,3 Md€ en 2023. Mais la trajectoire n'est pas linéaire : la contribution baisse en exécution de 2021 à 2024, avant de remonter fortement en 2026-2027 sous l'effet du remboursement du plan de relance. Une présentation en hausse continue serait inexacte.
Le tableau demandé — soldes nets cumulés par pays et par tranche de dix ans depuis 1995, qui montrerait la bascule de l'Irlande, du Portugal puis de la Pologne — n'a pas pu être établi. Le fichier de référence de la Commission européenne (EU spending and revenue, données 2000-2024) est un classeur non exploitable par les outils utilisés ici, de même que le fichier historique couvrant 2000-2018.
Une extraction d'un document de recherche a été tentée puis rejetée : les valeurs restituées étaient internement incohérentes — la Pologne, bénéficiaire net notoire à hauteur d'environ +2,5 % de son revenu national, y apparaissait négative. Ces chiffres ne sont pas repris ici. La trajectoire attendue (Irlande fortement bénéficiaire dans les années 1990 puis contributrice nette ; Espagne, Portugal et Grèce bénéficiaires dans les années 1990-2000 ; Pologne et Europe centrale après 2004) est bien documentée qualitativement, mais aucun chiffre par période n'est avancé ici faute de source vérifiable.
Gains de PIB : le marché unique génère un gain de 6,6 % à 8,2 % de PIB réel pour l'UE selon le contrefactuel retenu. Le commerce intra-UE représente 52,8 % du commerce de biens de la France.
Gains par habitant : l'étude Bertelsmann chiffre à 1 074 € par habitant et par an le gain pour la France (moyenne UE : 840 €).
Rapproché du solde net budgétaire (environ 130-150 € par habitant), le bénéfice estimé dépasse largement le coût net. Mais les deux mesures ne sont pas comparables : l'une mesure des transferts budgétaires, l'autre des gains de PIB liés au commerce.
Compétences exclusives de l'UE (art. 3 TFUE) : union douanière, concurrence du marché intérieur, politique monétaire de la zone euro, ressources marines, politique commerciale commune.
Compétences partagées (art. 4 TFUE) : marché intérieur, cohésion, agriculture, environnement, consommateurs, transports, énergie, espace de liberté-sécurité-justice, recherche.
Restent nationaux : fiscalité directe (IR, IS — la TVA relève du marché intérieur), organisation et financement de la sécurité sociale, programmes scolaires, défense, sécurité intérieure, nationalité.
Beaucoup moins qu'il n'est promis en campagne, une fois la règle adoptée. Cinq leviers, par efficacité décroissante :
Thèse favorable (Jacques Sapir) : une dévaluation restaurerait la compétitivité-prix, le coût de sortie serait faible.
Objection technique du CEPII, la plus substantielle : la France ne se dévaluerait que vis-à-vis de quatre pays de la zone euro (Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg) tout en s'appréciant face aux quatorze autres. Résultat : 55 % des exportations françaises deviendraient plus chères et seulement 45 % gagneraient en compétitivité. Effets sectoriels contrastés — agriculture affaiblie, tourisme renforcé, industrie manufacturière pénalisée par le renchérissement des importations.
Analogie Brexit : une étude commandée par la Mairie de Londres chiffre le coût à 140 Md£ de valeur ajoutée perdue en 2023.
Le chiffre de 80 % ne résiste pas à la vérification. Sur 1999-2008, lois et ordonnances confondues : 7,35 % des articles législatifs transposaient effectivement du droit européen (1 404 sur 19 094), et moins de 10 % des lois avaient une part significative de transposition.
Par domaine, l'européanisation est très inégale : agriculture 63,6 % des lois concernées, économie 48,3 %, écologie 46,7 % — contre affaires étrangères 0,4 %, défense 0 % et éducation 0 %.
Mis à jour : 2026-08